La nutrition pour gérer le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK : quoi manger ? 
TFN_admin
10 Sep, 2021

Nous avons couvert dans l’article précédent ce qu’est le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK, les traitements que vous pouvez rencontrer (n’oubliez pas que je ne suis pas médecin) et la notion persistante selon laquelle la perte de poids est la seule stratégie de gestion. Examinons attentivement les types d’aliments sur lesquels vous pouvez vous concentrer sans suivre un régime à la place.

Je ne suis pas contre « faire un régime »…bon un peu tout de même… Mais sachez que plus vous tentez de suivre un régime, plus vous vous éloignez de la gestion de vos symptômes du SOPK.

Les régimes amaigrissants, en général, NE FONCTIONNE PAS !

Vous voulez des preuves ? Vous pouvez consulter mon article sur ce sujet ici. De plus, parmi de nombreuses études, il existe une étude finlandaise classique menée sur des jumeaux (1). Elle conclut que les personnes à la diète étaient plus susceptible de prendre du poids que les personnes non à la diète. La diète est définie comme le nombre de fois qu’un individu perd intentionnellement 5 kg au cours de sa vie.

Comment sont-ils arrivés à ce résultat ?

1) LA RESTRICTION = TROP MANGER

Dès que nous restreignons quelque chose dans notre alimentation, nous nous en préoccupons et nous sommes plus suceptibles de nous en gaver. Cette théorie a été découverte à l’origine dans une célèbre étude des années 1940 connue sous le nom de l’Expérience de la Famine du Minnesota : « the Minnesota Starvation Experiment » (2).

Les sujets étaient essentiellement affamés, puis soumis à un régime alimentaire restreint, puis à un régime alimentaire sans restriction. Pendant la phase de régime restreint, les volontaires sont devenus obsédés par la nourriture. Et, pendant la phase sans restriction, ils ont eu des crises de boulimie. Ce qui a amené certains d’entre eux à prendre plus de poids par rapport à leur poids initial.

Bon, vous n’avez pas besoin d’une étude classique pour le prouver. Nous le faisons tous, chaque dois que nous procédons à un nouveau régime ou « nettoyage du corps » à la mode. On a faim et on se gave !

2) LES RÉGIMES RALENTISSENT LE MÉTABOLISME

Dès que nous limitons les calories, notre corps passe en mode famine et notre métabolisme ralentit (3). Donc au lieu de brûler des calories, notre corps essaie de conserver autant de calories que possible. Résultats ? Nous prenons du poids. Et, pas seulement un peu de poids, mais généralement tout revient.

3) LA THÉORIE DU POIDS D’ÉQUILIBRE OU « SET POINT »

Nos corps ont un certain « niveau » où ils se sentent « heureux » et le plus à l’aise : ce que l’on appelle l’homéostasie. La théorie du poids d’équilibre stipule que notre corps a une plage de poids spécifique (4). Et quoi que nous fassions, notre corps se battra pour rester dans cette plage.

Lorsque nous faisons un régime pour réduire notre poids corporel, notre corps produit des hormones pour nous rendre fous de nourriture et augmenter notre faim. Il se bat comme un diable pour nous ramener à l’homéostasie. Malheureusement, nous avons tendance à prendre PLUS de poids que nous n’en perdons. Donc le poids d’équilibre ne fait qu’augmenter.

Il semblerait que la restriction continue des calories favorise un état d’inflammation. Ce qui augmente notre réponse à l’insuline.

Avec plus d’insuline dans notre corps, deux choses principales se produisent :

  • cela perpétue les symptômes du SOPK en interférant avec notre cycle menstruel (encore une fois),
  • et nous avons soif de glucides, des frénésies et une prise de poids. C’est exactement ce que nous essayons durement d’éviter.

4) LES RECOMMANDATIONS ALIMENTAIRES (NON PERTE DE POIDS) POUR LE SOPK

Donc, sachant que la perte de poids à long terme n’est pas une réponse FAISABLE à ce problème (et en fait, peut aggraver la condition), examinons un mode de vie pour gérer vos symptômes du SOPK.

a) SOPK et vitamine D

Il a été estimé que la prévalence de la carence en vitamine D chez les femmes atteintes du SOPK est proche de 60 à 80% (5). En raison de cette statistique, quelques études ont examiné l’association entre le SOPK et la vitamine D.

Certaines études ont tenté de faire l’association selon laquelle les carences en vitamine D peuvent entraîner une résistance accrue à l’insuline et des irrégularités du cycle menstruel (5). Dans un petit échantillon de onze femmes atteintes du SOPK, une courte durée de supplémentation en vitamine D a amélioré la résistance à l’insuline (6). Dans une autre petite étude d’essai, 13 femmes qui manquaient de vitamine D ont vu leurs cycles menstruels reprendre lorsqu’elles ont reçu une supplémentation en vitamine D, et certaines ont même pu tomber enceintes (7).

Cependant, dans une autre étude, les femmes ont reçu de la vitamine D pendant 6 mois et il n’y a eu aucun résultat significatif (8). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour plaider en faveur d’une supplémentation en vitamine D pour améliorer les symptômes du SOPK.

Peu importe si cela a ou non un impact significatif sur le SOPK, selon un rapport de 2019 publié par l’ANSES, 70% des français n’obtiennent pas suffisamment de vitamine D et 6,5% d’entre eux ont une carence (9). Certains aliments riches en vitamines D peuvent être d’excellents ajouts à votre alimentation notamment le saumon, de l’huile de foie de morue, du thon, du fromage enrichi, des œufs et du lait. Vous pouvez également demander à votre médecin de prendre un complément alimentaire.

b) SOPK et inositol

L’inositol fait partie des vitamines B. Il se trouve naturellement dans les fruits, les haricots, les céréales et les noix. Et, il est également fabriqué par le corps. L’inositol agit en améliorant le métabolisme du glucose ce qui nécessite moins de sécrétions d’insuline.

Une ECR (RCT) (étude contrôlée randomisée) portant sur 281 femmes a révélé que celles qui prenaient le supplément d’inositol présentaient une fréquence d’ovulation accrue (23%) par rapport à celles sous placebo (13%) (10). Les personnes prenant de l’inositol ont également constaté une augmentation du taux de HDL (bon cholestérol) circulant dans le sang par rapport au groupe placebo. Enfin, les personnes prenant de l’inositol ont subi une perte de poids signifiicative par rapport au groupe placebo.

Mis à part la perte de poids, le supplément en inositol semble prometteur pour améliorer la fonction ovarienne chez les femmes atteintes du SOPK. Il peut donc valoir la peine de parler à votre médecin d’une dose appropriée en suppléments d’inositol.

c) Combattres les fringales avec protéines, fibres et graisses

L’ajout de protéines maigres, de glucides riches en fibres et de graisses saines à chaque repas nous aide à rester rassasiés plus longtemps. Ce qui peut vous aider à réduire vos envies de glucides raffinés causées par la montée en flèche de l’insuline. Par exemple, associez un morceau de pain avec du beurre de cacahuète ou un œuf pour augmenter les protéines et les graisses saines.

d) Mangez régulièrement et NE FAITES PAS DE REGIME

Lorsque nous nous laissons avoir trop faim, notre glycémie devient trop basse. Puis elle monte en flèche lorsque nous nous laissons enfin le droit de manger. La restriction nous envoie également dans un cycle de frénésie et de restriction qui entraîne une prise de poids et des troubles métaboliques (3).

d) Faites vos exercices physiques quotidiennement

L’exercice physique peut modérer les niveaux d’insuline et nous aider à mieux reconnaître nos signaux de faim. Essayez de faire au moins une demi-heure de mouvement chaque jour et choisissez quelque chose que vous aimez !

e) Arrêtez de fumer

Une étude a examiné l’association entre le tabagisme, les taux de testostérone et d’insuline chez les femmes atteintes du SOPK (11). Ils ont découvert que les femmes atteintes du SOPK qui fumaient avaient des taux d’androgènes et une résistance à l’insuline plus élevés que les non-fumeurs, alors éteignez la fumée !

f) Moins de stress

La recherche montre que le stress peut avoir un impact sérieux sur notre système reproducteur, provoquant des irrégularités menstruelles qui compromettent la fertilité (12). Lorsque nous sommes stressés, l’une des nombreuses hormones que nous libérons comprend les androgènes surrénaliens.

Et comme nous le savons, certaines femmes atteintes du SOPK ont un niveau accru d’androgènes dans le corps (13). Ce qui contribue à ces symptômes défavorables. De plus, elles éprouvent des niveaux plus élevés d’anxiété et de dépression (14).

Donc, la gestion du stress peut donc être un outil clé pour gérer les symptômes du SOPK. Alors, trouvez quelque chose qui vous donne la paix dans la journée. Cela peut être de méditer pendant 20 minutes ou faire une promenade pour se vider la tête.

POUR CONCLURE

N’oubliez pas que vous n’avez pas besoin d’être en surpoids, développer un diabète de type 2 ou avoir des poils sur le visage pour avoir le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK. Le SOPK est frustrant. Cela n’a pas de sens et ce n’est pas la faute de personne. Vous n’avez rien fait de mal, je vous rassure.

La nutrition, la gestion du stress et la médecine de base ne sont que de toutes petites pièces du puzzle et le régime du SOPK ne devrait pas être stressant.

Il est important, pour moi, que vous compreniez bien que la perte de poids n’est pas la seule solution . Et qu’il y a bien plus de moyens pour vous aider à gérer vos symptômes du SOPK. Bien sûr, mes articles ne remplacent en aucun cas un traitement par un professionnel de la santé.

Pour obtenir des conseils diététiques personnalisés et sur mesure, parlez avec un diététicien ou une diététicienne professionnelle spécialisée dans la gestion du régime alimentaire du SPOK.

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J’espère que cet article vous a plu et vous aidera à guérir votre relation avec votre corps et la nourriture. Et, je suis curieuse : luttez-vous contre l’infertilité ou le SOPK ? Quelles sont vos pensées sur la perte de poids pour le SOPK ? Laissez-moi un commentaire ci-dessous ! Je serais ravie de vous lire !

Céline Maetti

Céline Maetti est la fondatrice de The French Nutrition©. Ayant été pendant un moment dans le domaine de la perte de poids, elle décide de se spécialiser dans le diabète. Et, elle met ses connaissances et son expertise dans ses recettes et ses articles faciles à suivre !

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