Dans cet article, découvrez le rôle des probiotiques pour votre santé ainsi que l’importance d’avoir des bactéries intestinales saines pour la santé digestive.
Clarifions les choses afin de dissiper toute confusion sur la différence entre les probiotiques et prébiotiques ainsi que leurs avantages pour notre santé.

1) LES PROBIOTIQUES ET LES PRÉBIOTIQUES : c’est quoi ?
Commençons par les probiotiques. Notre intestin abrite le plus grand nombre de bactéries dans notre corps. Et, une grande partie d’entre elles est connue sous le nom de « bonnes » bactéries. Donc les probiotiques sont les « bonnes » bactéries dont nous avons besoin pour favoriser une bonne santé équilibrée.
Alors que les prébiotiques ouvrent la voie à la santé intestinale. Il s’agit de molécules qui font partie de certains aliments que nous ne pouvons pas digérer. Et, ils « nourrissent » les bonnes bactéries présentes dans notre intestin. Vous pouvez obtenir votre solution prébiotique en mangeant des aliments comme les bananes, les oignons, l’ail, les poireaux, les asperges, les artichauts, les topinambours, la racine de chicorée, le soja et les aliments à base de blé entier.
Donc les probiotiques sont les « bonnes » bactéries et les prébiotiques « leur nourriture ». Combinés tout cela et vous aurez une santé intestinale du tonnerre
(1) ! Parlons plus particulièrement des bienfaits des probiotiques.
a) Probiotiques et intolérance au lactose
Bonne nouvelle pour les amateurs de produits laitiers !
Les probiotiques peuvent améliorer l’intolérance au lactose !
En 2010, une revue systématique a été menée pour passer en revue les stratégies de gestion efficaces de l’intolérance au lactose (2). Ils ont examiné 7 essais contrôlés randomisés qui évaluaient l’utilisation des probiotiques dans le yaourt et le lait pour améliorer les symptômes de l’intolérance au lactose.
Dans l’ensemble, les preuves étaient insuffisantes pour conclure que les symptômes se sont améliorés après l’utilisation de probiotiques. Car il y avait quelques limites. Tout d’abord les essais étaient de petite taille avec seulement 9 à 28 volontaires. Ensuite, l’étude a évalué la malabsorption du lactose et non l’intolérance au lactose.
Donc les résultats n’étaient pas applicables aux personnes intolérantes au lactose. Avec des résultats ne montrant aucune amélioration des symptômes, les résultats n’ont pas pu être regroupés. Il n’y avait donc aucune certitude sur l’efficacité des probiotiques sur la santé.
Cependant, en 2016, un essai contrôlé randomisé porté sur 12 semaines a étudié la consommation d’une souche probiotique spécifique (Lactobacillus acidophilus) par des personnes souffrant d’intolérance au lactose (3). Au bout de 4 semaines, le groupe recevant le placebo a présenté une aggravation des symptômes par rapport au groupe recevant la souche de probiotiques.
Des preuves ont montré que certaines personnes intolérantes au lactose peuvent tolérer le yaourt en raison de la présence de lactase produite par des bactéries probiotiques.
Ils ont étudié l’effet de la lactase sur l’absorption du lactose et ont constaté que les personnes qui mangeaient du yaourt absorbaient plus de lactoses que les personnes qui buvaient du lait.
Il semble que la lactase bactérienne puisse mieux résister à l’acidité de l’estomac puisqu’elle est enfermée dans des cellules bactériennes. Cet essai révéla que la souche spécifique de probiotiques était capable d’améliorer les symptômes gastro-intestinaux d’intolérance au lactose, notamment la diarrhée, les crampes abdominales et les vomissements.
Cependant, d’autres essais contrôlés randomisés ainsi que d’autres revues systématiques de la littérature sont nécessaires pour confirmer l’utilisation de cette souche pour améliorer les symptômes de l’intolérance au lactose.

b) Probiotiques et santé cardiaque
Une méta-analyse de 2016 a regroupé 14 essais contrôlés randomisés pour évaluer l’effet des probiotiques sur les personnes ayant des taux de cholestérol normal, limite et élevé et qui ne prenaient pas de médicaments hypocholestérolémiants (4). Par rapport au groupe témoin, les personnes ayant consommé des probiotiques ont vu une réduction significative de leur taux de cholestérol.
Parmi ces études, 6 essais ont montré une diminution statistiquement significative du taux de cholestérol total et quatre des essais ont observé la réduction du cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol).
Cependant, les taux de cholestérol HDL et de triglycérides n’ont pas été modifiés par la consommation de probiotiques. Une limitation est à noter car les individus ont reçu des doses élevées de probiotiques. Donc, il ne serait pas possible de pouvoir les utiliser quotidiennement. Les études futures doivent tester l’utilisation de probiotiques en petites quantités sur une plus longue période.
D’ailleurs, les chercheurs ont mentionné que l’effet des probiotiques sur le cholestérol n’est certainement pas aussi fort que les médicaments hypocholestérolémiants. Mais pour les personnes qui subissent des effets secondaires graves à cause de ces médicaments et qui préfèrent un traitement non médicamenteux, les probiotiques peuvent être une option pour réduire considérablement le taux de cholestérol et réduire le risque de développer des maladies cardiovasculaires.
Une autre revue systématique a rassemblé 9 essais contrôlés randomisés afin d’évaluer le rôle des probiotiques dans la réduction de la pression artérielle (5). Dans l’ensemble, les résultats de l’étude ont révélé que la consommation de probiotiques peut aider à réduire votre tension artérielle systolique de 3,56 mmHg et votre tension artérielle diastolique de 2,38 mmHg. Ce qui est une bonne nouvelle pour les cardiaques !
En termes de type de probiotiques, les produits laitiers fermentés étaient les plus efficaces pour réduire la tension artérielle par rapport aux autres sources de probiotiques (capsules ou boisson à la rose musquée).
Cela peut être dû au fait qu’il n’y avait pas suffisamment d’essais utilisant d’autres formes de probiotiques. Ainsi, des études futures sont nécessaires pour plaider en faveur de la meilleure source de probiotiques pour réduire la pression artérielle. Une autre note intéressante de cette revue est que les essais utilisant une variété d’espèces de probiotiques étaient plus efficaces pour réduire la tension artérielle que les essais utilisant un seul type de probiotique.
c) Probiotiques et immunité
Une grande partie de la recherche, à ce stade, dans le domaine de l’immunité et des probiotiques provient d’études animales. Et comme vous le savez, ce qui est vrai pour un animal ne l’est pas forcément pour l’être humain. Donc cela vaut la peine d’être souligné.
Une étude de 2017 a administré des probiotiques à 15 porcelets (6). Ils ont découvert que leur poids avait augmenté et que leur diarrhée avait diminué par rapport au groupe témoin.
Et pour les études humaines ? Dans une étude de 2014, les chercheurs ont découvert que l’intestin des personnes qui consommaient des probiotiques induisait différentes expressions génétiques dans leur muqueuse intestinale par rapport au groupe témoin (7). Ils ont fourni des probiotiques à des personnes souffrant d’œsophagite. Et, ils ont découvert que le probiotique favorisait l’expression d’une variété de gènes impliqués dans nos réponses immunitaires et l’inflammation.
Cette recherche est prématurée et il doit y avoir plus de recherches sur les humaines (en bonne santé et ceux atteints de maladies chroniques) pour comprendre le mécanisme et son efficacité dans le traitement ou la prévention des maladies.
En raison de l’association potentielle entre les probiotiques et notre système immunitaire, des recherches préliminaires ont été menées sur l’utilisation des probiotiques pour réduire les symptômes d’allergies. La plupart des recherches ont porté sur les animaux et la recherche sur les humains est très limitée. Seules quelques études ont montré une amélioration des symptômes d’allergies (8). Cependant, nous ne connaissons pas encore les effets à long terme ou si la fourniture de probiotiques aux femmes enceintes peut prévenir l’apparition d’allergies.
d) Probiotiques et inflammation
Une étude menée sur des souris atteintes de colite (= inflammation de la muqueuse du côlon) a révélé que la supplémentation en lactobacilles (souche probiotique) augmentait la promotion d’une enzyme antioxydante (9). Celle-ci réduit le stress oxydatif (qui cause l’inflammation) dans leur paroi intestinale et réduit les symptômes de la colite. Certes, cela n’a été fait que sur des souris.
Mais, ça peut être une voie possible pour plus d’études sur des personnes souffrantes de la maladie inflammatoire de l’intestin (MII ou IBD). Ce qui peut aider à réduire le stress oxydatif et ainsi en réduire les symptômes.
Concernant l’être humain, deux petits essais anecdotiques et des essais cliniques contrôlés randomisés plus importants ont montré une certaine utilité pour les maladies inflammatoires de l’intestin comme la colite ulcéreuse avec certaines souches probiotiques (10). Escherichia coli Nissle peut aider à maintenir la rémission pendant au moins 1 an chez les patients atteints de colite. Plus récemment, des essais ont été publiés qui testaient un produit probiotique appelé VSL#3 (VSL Pharmaceuticals, Inc.) (10). Il s’agit d’une combinaison de 8 probiotiques. Et, il a montré une certaine efficacité pour induire une rémission dans la colite ulcéreuse.
Pourtant, nous avons besoin de beaucoup plus d’essais pour identifier quelles souches induisent une rémission à long terme et quelle quantité il faudrait exactement pour voir ces résultats.
e) Probiotiques et os
La plupart des études sur les probiotiques et la santé des os proviennent de l’industrie avicole.
L’étude sur les poulets de chair a révélé que lorsqu’ils recevaient des probiotiques, ils présentaient une disponibilité accrue des nutriments et une augmentation des parois latérales et médiales de l’os de leur tibia (7). D’autres recherches ont examiné le rôle des probiotiques dans le traitement ou la prévention de la perte osseuse causée par la parodontite (maladie inflammatoire qui affecte les tissus entourant les dents).
De plus, une étude a révélé que l’utilisation de la thérapie probiotique réduisait la perte osseuse chez les rats souffrants de parodontite et protégeait leurs intestins de l’inflammation. Une autre découverte intéressante à partir de cela est que le stress peut interférer avec l’efficacité des probiotiques.
Concernant les études sur les humains, un traitement probiotique a également été étudié sur des patients âgés dans une étude de 2016. Cet essai contrôlé randomisé a inclus 417 patients âgés présentant une fracture aiguë du radius distal. La moitié d’entre eux ont reçu du lait ordinaire et l’autre moitié ont reçu du lait avec des probiotiques ajoutés. L’étude a révélé que les personnes ayant reçu des probiotiques présentaient un taux d’amélioration significativement plus rapide que ceux qui avaient reçu le placebo.
Les recherches futures doivent examiner le rôle des probiotiques chez les individus en bonne santé et leur utilisation à long terme pour favoriser la solidité osseuse et/ou prévenir la perte osseuse.
f) Probiotiques, perte de poids et contrôle glycémique
Les probiotiques et l’intestin peuvent-ils dicter le poids et la forme de notre corps ?
Une célèbre étude animale comparant des jumeaux de rats maigres et obèses a révélé qu’il existe des différences dans les types et le nombre de bactéries dans l’intestin (11). Chez les individus considérés comme « obèses », ils avaient moins de diversité dans leurs bactéries intestinales.
Pour les humains, une revue systématique a inclus une variété d’études contrôlées randomisées sur les humains sur les probiotiques et la perte de poids (12). Ils ont conclu que les probiotiques n’avaient pas d’effet significatif sur le poids corporel et l’indice de masse corporel (IMC).
Et concernant le contrôle du taux de sucre dans le sang ?
De nouvelles preuves suggèrent que les probiotiques peuvent aider à contrôler la glycémie pour réduire le risque de maladies métaboliques telles que l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Une revue systématique de 2015 a évalué 17 essais contrôlés randomisés étudiant l’effet des probiotiques sur la glycémie à jeun, l’insuline à jeun et la résistance à l’insuline (13).
Pour résumer la revue, les probiotiques ont considérablement réduit la glycémie à jeun, l’insuline et la résistance à l’insuline. Cette recherche est bien sûr préliminaire. Mais puisque nous savons que l’insuline joue un rôle énorme dans le poids, le diabète et d’autres maladies chroniques, les probiotiques peuvent être un outil utile pour maintenir une glycémie normale.
Les premières recherches sur des rats diabétiques ont montré que la supplémentation en probiotiques améliorait le métabolisme du glucose, les taux de lipides et retardait l’hyperglycémie. Plus tard, les probiotiques peuvent être recommandés pour gérer les symptômes chez les personnes atteintes de diabètes. D’ici là, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer le type, la posologie et la durée de la supplémentation en probiotiques pour obtenir les meilleurs résultats.

3) OÙ TROUVE-T-ON LES PROBIOTIQUES ?
Recherchez des aliments fermentés !! La fermentation est un beau processus où nous convertissons les sucres en acides, en gaz et en alcool pour conserver les aliments. Dans le processus, vous obtenez une large gamme d’enzymes et de probiotiques bénéfiques.
Exemples : le yaourt, la choucroute, le tofu, les cornichons, la bière, le vin et la boisson la plus tendance : le kombucha.
POUR CONCLURE
Lorsque vous pensez aux probiotiques et aux prébiotiques, vous devez les considérer comme une équipe. Les prébiotiques sont les fidèles compagnons des probiotiques qui les rendent encore plus « puissants ».
Notre alimentation a une énorme influence sur la fonction intestinale, le type et la quantité de bactérie présentes. Pour le moment, cela peut être la seule association. La variété de notre alimentation est la clé. Donc au lieu de boire du kombucha toute la journée, mangez votre yaourt avec des bananes et vous obtiendrez des mini-super héros protecteurs de votre intestin.
L’industrie de l’alimentation s’est emparée de ces miracles favorisant l’intestin en les intégrant dans des compléments alimentaires et des « nettoyants des boyaux » (grrrrr les DETOX !!). Mais n’oubliez pas que vous pouvez récolter les mêmes avantages simplement en mangeant de la bonne nourriture. Donc gardez votre argent et laissez faire votre corps !!
S’en tenir à une alimentation saine et équilibrée est le meilleur moyen de cultiver ces bonnes bactéries dans notre intestin. Donc ne comptez pas seulement sur les probiotiques pour le faire pour vous.
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J’espère que cet article vous a plu et vous aidera à guérir votre relation avec votre corps et la nourriture. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez à nous laisser des commentaires. Nous serons ravis de vous entendre !










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